Gilets Jaunes Chapitres 1 à 6

Le 17 novembre 2018 prend forme dans la rue le mouvement des Gilets Jaunes, lancé 'abord sur internet pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants puis pour ensuite protester contre la vie chère en général. L'idée, le samedi 17 novembre 2018, dans toutes les villes de France, bloquer la circulation, sur les ronds points, les péages, les périphériques, tous habillés du gilet jaune fluo obligatoire dans toutes les voitures.

Chapitre 1 : Les prémices d'une révolution

Le 17 novembre à l'aube, plusieurs dizaines de véhicules sont rassemblés Porte Maillot afin de bloquer le périphérique parisien. Si l'affluence semble faible, c'est qu'il est encore tôt et ce mouvement se dit plus provincial que parisien, ces mêmes parisiens qui ne possèdent pas de voiture. D'ailleurs un autre rendez-vous est donné à midi à l'arc de triomphe pour marcher en direction de l'Elysée. La veille, l'information semble peu crédible et suivie. Finalement des milliers de personnes s'y rassemblent et contre toute attente finissent à quelques 200m de l'Elysée, bloqués par une poignée de policiers qui les disperseront sans grande résistance en fin de journée.

Chapitre 2 : insurrection infructueuse

Le succès de la journée du 17 novembre appelle à remettre ça dès le week-end suivant et l'idée germe cette fois de plus en plus d'être encore plus nombreux à venir devant l'Elysée pour se faire entendre du Président Macron. Sauf que cette fois la police n'entend pas se laisser déborder et a barricadé le secteur avec des barrières anti-émeute et des canons à eau. S'ils repoussent une première tentative assez facilement, la foule en face n'est plus docile, cherche à passer par d'autres rues, construit ses propres barricades et ce sont désormais des images de la plus belle avenue du monde en feu que découvre le monde entier. En fin de journée la police reprend difficilement le contrôle de l'avenue. Le 1er décembre, la violence monte encore d'un cran. La préfecture a barricadé les accès aux Champs-Elysées pour ne plus y voir de scène de violence. Effectivement elle se reportera à tous les alentours, toutes les branches de la place de l'Etoile, mais bien au delà, boulevard Haussmann, rue de Rivoli, place de la Madeleine, place Vendôme, jardin des Tuileries. C'est toute une partie de Paris qui est sans contrôle pendant la journée, barricades, voitures brulées, pillage, bâtiments incendiés, à aucun moment les forces de l'ordre ne maitrisent la situation. Le contrôle ne sera repris que quand les manifestants décident de partir.

Chapitre 3 : Répression

Les scènes de chaos des week-ends du 24 novembre et du 1er décembre ont choqué. En réponse le gouvernement décide de mobiliser des moyens humains et matériels comme jamais pour faire respecter l'ordre. Dès le 8 décembre partout en France des milliers de policier et gendarmes sont affectés pour anéantir par la force tout rassemblement violent. Blindés, LBD, grenades, arrestations préventives, tous les moyens sont bons, peu importe le droit et les mutilations.

Chapitre 4 : La normalisation

Avec la nouvelle politique répressive le nombre de manifestants baisse, mais lentement, mais surtout le mouvement garde une certaine popularité. Alors tel un rituel, tous les samedi sont organisés partout en France des manifestations de Gilets Jaunes, avec toujours le même scénario, des commerces fermés et barricadés sur le trajet, une longue marche encadrée par des milliers de policiers, cette même marche ponctuée régulièrement d'affrontements plus ou moins sporadiques, des gaz, des grenades et des matraques en réponse à des bouteilles, des pétards et des pierres. Puis la foule repart jusqu'à son point d'arrivée ou l'affrontement reprendra une dernière fois.

Chapitre 5 : Baroud d'honneur

Mais le scénario épuise tout le monde, le mouvement commence à sentir sa fin, les plus radicaux comprennent que ce n'est pas le nombre qui a fait trembler mais la violence. L'idée est alors de recommencer, de se redonner rendez-vous sur les Champs-Elysées et de se faire entendre. Ca sera le 16 mars 2019, pendant une journée le contrôle est de nouveau perdu, barricades, pillage, incendies, la police est débordée, les manifestants remotivés. Mais pour peu, la politique répressive va devenir plus dure encore à la suite de cette journée, sporadiquement les black-blocs se reformeront, mais toujours anéantis en quelques minutes. C'est la défaite des radicaux.

Chapitre 6 : Extinction sans rébellion

Fin mai c'est la défaite absolue, le mouvement est devenu impopulaire, les manifestations désertées, la violence devient systématique et incompréhensible, mais surtout, l'objectif de certains d'ancrer le mouvement dans la politique et de représenter ceux qu'on entend jamais est un échec absolu, toutes les listes Gilets Jaunes aux élections Européennes sont un fiasco absolu. Le mouvement est terminé. Même si il existe encore aujourd'hui des manifestations de Gilets Jaunes, le mouvement en tant que tel a perdu son image.